Votre client ne lit pas votre site, il cherche trois infos
Mettez-vous à sa place. Il est dans la rue ou dans son canapé, téléphone en main, et il se pose trois questions : est-ce ouvert, qu’est-ce qu’on y mange et à quel prix, comment je réserve ou je commande. S’il ne trouve pas la réponse en quelques secondes, il passe au restaurant d’à côté.
Conséquence directe : votre site doit être pensé pour le mobile avant tout, charger vite, et afficher dès le premier écran les horaires, l’adresse et un bouton d’action clair (« Réserver » ou « Commander »). Le joli texte sur l’histoire de la maison, on le garde, mais plus bas.
La carte : en vrai texte, pas en PDF
C’est l’erreur la plus répandue. La carte scannée en PDF, illisible sur téléphone, avec les prix de l’an dernier. Une carte en texte sur une vraie page du site, c’est :
- lisible sur mobile sans zoomer ;
- lue par Google : quelqu’un qui cherche « houmous Paris 13 » peut tomber sur vous ;
- modifiable en deux minutes quand un prix change ou qu’un plat disparaît ;
- l’endroit idéal pour indiquer les allergènes et les options végétariennes, que de plus en plus de clients regardent avant de choisir.
Et une belle photo par plat signature vaut mieux que vingt photos moyennes. Vos clients mangent d’abord avec les yeux, sur le site comme sur Instagram.
La réservation : un bouton visible partout
Si vous prenez des réservations, le bouton doit être présent sur toutes les pages, en haut de l’écran. Le formulaire de contact « envoyez-nous un message pour réserver », on oublie : personne n’attend une réponse par email pour savoir s’il a une table ce soir.
Côté outils, deux modèles s’opposent :
| Modèle | Exemples | Coût indicatif | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Plateforme avec commission | TheFork | Un abonnement mensuel, plus une commission de quelques euros par couvert venu de la plateforme | Les restaurants qui ont besoin de la visibilité de la plateforme pour remplir |
| Logiciel sans commission | Zenchef, Eat App, Guestonline… | Un abonnement fixe, d’une centaine à quelques centaines d’euros par mois selon les modules | Les restaurants qui ont déjà leur clientèle et veulent garder leur marge |
Le bon calcul n’est pas « lequel est le moins cher », mais « combien de couverts m’apporte vraiment la plateforme ». Si vos clients vous trouvent déjà par Google ou par le bouche-à-oreille, payer une commission sur chacun d’eux revient à payer pour des clients que vous aviez déjà. Dans tous les cas, le widget de réservation doit être intégré à votre site, pas seulement accessible sur la plateforme.
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Click and collect et livraison : reprendre la main sur sa marge
Les plateformes de livraison sont devenues incontournables, mais elles coûtent cher. En France, la commission d’Uber Eats va d’environ 15 % à plus de 30 % du chiffre d’affaires HT selon la formule, avant même les frais annexes et la publicité. Sur un métier où la marge nette tient souvent en quelques points, c’est énorme.
Je ne dis pas qu’il faut quitter les plateformes : elles apportent de nouveaux clients, et c’est leur vraie valeur. Mais chaque client qui commande une deuxième fois devrait pouvoir le faire en direct, sur votre site, en click and collect ou en livraison, sans commission. Un module de commande en ligne sur votre propre site, un QR code sur les sacs et les tickets, une petite incitation pour la commande directe, et une partie de vos habitués bascule.
Être trouvé : Google d’abord, votre site ensuite
Pour un restaurant, la première vitrine n’est pas le site, c’est la fiche Google. C’est là que se joue le choix entre vous et le voisin : photos, avis, horaires, bouton d’itinéraire. Le site vient en appui, pour rassurer et transformer. J’ai détaillé la méthode dans mon article pour créer une fiche Google Business Profile irrésistible.
Les deux doivent se parler :
- Les mêmes informations partout : nom, adresse, téléphone et horaires identiques sur le site, la fiche Google et les plateformes. Les jours fériés et les fermetures exceptionnelles aussi.
- Une page par établissement si vous en avez plusieurs, avec son adresse, son quartier, ses horaires et sa carte si elle diffère. C’est ce qui permet de ressortir sur « restaurant libanais Paris 13 » et pas seulement sur votre nom.
- Des données structurées (le balisage « Restaurant » que lisent Google et les moteurs de recherche) pour que les horaires, la fourchette de prix et le type de cuisine soient compris sans ambiguïté.
Et c’est de plus en plus vrai avec les assistants IA. Quand quelqu’un demande à ChatGPT ou à Gemini « un bon restaurant libanais près de chez moi », ils puisent dans ces mêmes informations publiques. Un site clair et une fiche Google à jour, c’est aussi ce qui vous rend visible pour eux.
Ce dont vous n’avez pas besoin
- La vidéo plein écran qui se lance à l’arrivée. Belle sur un ordinateur, elle ralentit tout sur mobile, là où sont vos clients.
- Les animations dans tous les sens. Elles impressionnent le jour de la présentation, puis agacent.
- Un blog que personne n’alimentera. Mieux vaut pas d’actualités qu’une dernière actu datée de 2023.
- Des dizaines de pages. Accueil, carte, réservation ou commande, établissement(s), contact : pour la plupart des restaurants, c’est suffisant.
Ce qui peut rapporter gros
Une fois l’essentiel en place, quelques pages peuvent générer un vrai chiffre d’affaires supplémentaire, souvent négligé :
- Traiteur et événements d’entreprise. Déjeuners d’équipe, buffets, séminaires : des commandes de plusieurs centaines ou milliers d’euros. Une page dédiée avec un formulaire de demande bien conçu, et un process de devis rapide derrière. C’est ce que j’ai mis en place chez Libshop, avec un outil qui produit un devis en trois minutes au lieu d’une heure.
- Privatisation. Anniversaires, pots de départ, soirées d’entreprise : une page avec la capacité, les formules et un formulaire.
- Cartes cadeaux. Vendues en ligne, encaissées tout de suite, et utilisées plus tard.
- Recrutement. Dans la restauration, trouver du personnel est un combat permanent. Une page « On recrute » qui donne envie de rejoindre l’équipe fait gagner du temps.
La checklist du site de restaurant en 2026
| Indispensable | Utile | Bonus |
|---|---|---|
| Horaires, adresse et téléphone dès le premier écran | Commande en ligne en direct (click and collect, livraison) | Cartes cadeaux |
| Carte en texte, à jour, lisible sur mobile | Une page par établissement | Page recrutement |
| Bouton « Réserver » ou « Commander » sur toutes les pages | Page traiteur ou privatisation avec formulaire | Inscription à une newsletter |
| Site rapide et pensé pour le mobile | Allergènes et options végétariennes | Version anglaise pour les quartiers touristiques |
| Fiche Google reliée, informations identiques partout | Données structurées « Restaurant » | Galerie photo de la salle et de l’équipe |
Côté budget, comptez en général entre 2 000 et 4 500 € HT pour un site de restaurant sur mesure avec la carte, la réservation ou la commande, et un vrai travail de référencement local. Le détail poste par poste est dans mon article sur le prix d’un site vitrine WordPress.
Questions fréquentes
Un restaurant a-t-il vraiment besoin d’un site si sa fiche Google et son Instagram sont à jour ?
Pour démarrer, une fiche Google bien tenue fait déjà beaucoup. Mais sans site, vous ne maîtrisez ni la présentation de votre carte, ni la commande directe, ni les demandes traiteur ou de privatisation. Et vous dépendez entièrement de plateformes qui peuvent changer leurs règles du jour au lendemain.
WordPress ou une solution tout-en-un pour un restaurant ?
Les solutions tout-en-un proposées par certains logiciels de caisse ou de réservation sont pratiques pour démarrer, mais le site ne vous appartient pas vraiment et il est difficile d’aller plus loin. WordPress demande un peu plus de mise en place, mais vous êtes propriétaire de votre site et vous pouvez y brancher les outils de votre choix.
Peut-on garder une carte en PDF en plus de la page carte ?
Oui, en complément, pour ceux qui veulent l’imprimer. Mais la carte principale doit être une vraie page de texte, sinon Google ne la lit pas et vos clients sur mobile non plus.
Combien de temps faut-il pour mettre en ligne un site de restaurant ?
Comptez trois à six semaines. Comme toujours, ce qui fait glisser le planning, ce sont les photos et la carte à jour, pas la technique. Prévoyez la séance photo tôt.





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